| 2024 |
Oncologie médicale |
Cancer du poumon non à petites cellules chez la femme
Étude rétrospective
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Abrini Houda |
Introduction : Le cancer du poumon est actuellement un grand problème de santé publique. Son incidence ne cesse d’augmenter chez les femmes et l’écart de l’incidence entre les deux sexes diminue au niveau mondial. L’objectif de cette étude est d’évaluer le profil épidémiologique, clinique, histologique, moléculaire, thérapeutique et le pronostic du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) chez la femme.
Méthodes : C’est une étude rétrospective incluant des patientes atteintes du CPNPC confirmé et suivies au service d’Oncologie Médicale du Centre Hospitalier Universitaire Mohammed VI de Tanger entre mai 2018 et décembre 2023.
Résultats : 77 patientes ont été incluses dans l’étude. Leur âge moyen était de 60.5 ans. Toutes les patientes étaient non fumeuses. Le délai moyen du diagnostic était de 5.1 mois. Le suivi médian était de 5 mois. Les signes cliniques majeurs étaient la dyspnée (42.8%), la toux (31.1%) et la douleur thoracique (25.9%). La majorité des patientes étaient diagnostiquées au stade IV (90.9%).
L’adénocarcinome était le type histologique le plus fréquemment diagnostiqué (87%). Les localisations métastatiques les plus fréquemment retrouvées étaient la plèvre (55.7 %), les os (44.3 %) et le poumon (30%). Le test de mutations du gène de l’EGFR réalisé chez 27 patientes était positif chez 13 patientes (48.1%). Les mutations retrouvées étaient exclusivement celles au niveau de l’exon 19 et la mutation ponctuelle L858R dans l’exon 21 qui sont couramment associées à la sensibilité aux inhibiteurs de la tyrosine kinase (ITK) de l’EGFR. La mutation ALK qui a été recherchée chez 8 patientes était positive dans 12.5% des cas. La chimiothérapie palliative de première ligne a été indiquée chez 54 patientes dont 46 avaient reçu une chimiothérapie à base de sels de platine (5 d’entre elles étaient EGFR muté)
et 8 EGFR muté avaient bénéficié d’une thérapie par les ITK de l’EGFR (erlotinib ou gefitinib). La survie globale (SG) médiane des patientes mutées pour l’EGFR traitées en première ligne par les ITK de l’EGFR était significativement plus longue par rapport à celle des patientes EGFR muté traitées par chimiothérapie à base de sels de platine (20 mois contre 9 mois, p=0.05) et la survie sans progression (SSP) médiane chez ces patientes était également significativement plus longue par rapport à celle des patientes traitées par chimiothérapie à base de sels de platine (19 mois contre 5 mois, p=0.028).
Conclusion : La population des femmes atteintes de CPNPC étudiée était caractérisée par l’absence de tabagisme, la dominance du type histologique adénocarcinome et par un pourcentage élevé de mutations
de l’EGFR. La SSP et la SG médianes des patientes traitées par les ITK de l’EGFR étaient
significativement plus longues que la SSP et la SG des patientes qui avaient reçu une chimiothérapie à base de sels de platine. Ces résultats nous incitent à la réalisation des tests de mutations de l’EGFR chez l’ensemble des patientes diagnostiquées avec un adénocarcinome afin qu’elles puissent recevoir une
thérapie ciblée par les ITK de l’EGFR.
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CPNPC, Femmes, EGFR, Métastases
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